Une collection d’estampes anciennes: 15e-20e siècles
Si nous voulons atteindre à l’expérience vécue du temps, tâchons de trouver ce lieu fragile où l’action, nécessairement racontée, et la contemplation, nécessairement silencieuse, parviennent enfin à dépasser leurs vaines querelles.
Toute collection d’estampes de maîtres anciens engage une méditation sur le temps. Celle-ci se veut moins un panorama de l’histoire de la gravure qu’une proposition. Les œuvres réunies ici participent d’une même aura : elles se maintiennent au-delà du regard qui les traverse, dans l’attente de spectateurs à venir prêts à ranimer le sentiment de durée dont ces feuilles furent, de génération en génération, les dépositaires. Elles portent ainsi une mélancolie singulière : la mienne, la vôtre, celle qui fut jadis la leur et, bientôt, celle d’un autre.
À partir de là, les chapitres de ce catalogue en ligne proposent des réflexions sur ce que pourrait être une poétique culturelle de la représentation graphique, où les rapports entre action et contemplation se trouvent sans cesse rejoués. Il s’agit de faire apparaître des répertoires visuels qui, s’ils ne sont jamais exclusifs les uns des autres, apportent chacun leur réponse à une même exigence : articuler, par l’estampe, le temps comme expérience.
le collectionneur
le mur de gravures
L’ordre des estampes est ici volontairement aléatoire : elles sont assemblées en mélangeant les époques, les styles et les techniques, dans une composition qui se change à chaque rechargement de la page, tissant un nouveau récit à chaque visite.



(Delaborde 102 i/ii)








Catherine s’essuyant, 1894 (Petridès 23 i/ii)


The Smoker, 1640 (Hollstein Dutch 5 vi/vii)















































































































c. 1645 (Bellini 19, ii/ii)
















































































































