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Une collection d'estampes anciennes XVe-XXe siècles

Le Morbetto

La petite peste ou Peste de Phrygie

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Artiste: Marcantonio Raimondi (Sant’Andrea c. 1480 – c. 1534 Bologne), d’après Raphaël (1483-1520)
Date: 1515
Technique: burin
Dimensions: cm

Catalogue raisonné: Bartsch XIV.167.417; Delaborde 189 (état intermédiaire entre ii et iii/iv)

Provenance: L. 5253 (Philippe Hanus, 1951, France)

Excellente impression de cette importante gravure, la première représentation importante de la Peste dans les arts graphiques, devenu un modèle repris par la suite – cf. La Peste d’Asdod de Poussin. La gravure est dans un état intermédiaire entre le deuxième et le troisième états décrits par Delaborde. La feuille est en très mauvais état (manques, déchirures, plis) et uniformément brunie. Avec les inscriptions « Effigies sacrae divom phrigi » sur la muraille du fond à gauche et « Linquebat dulces animas aut aegra trahebant corp » (ora ajouté à la plume)

Un dessin de Raphaël (vers 1512, aujourd’hui aux Offices à Florence) est très proche de la gravure mais ne semble pas avoir été le dessin préparatoire utilisé par Marcantonio. L’épisode est repris du feuillet 28r du Vergilius Vaticanus (les Pénates apparaissant à Enée et lui révélant l’erreur qu’il a commise en fondant Pergamée, manuscrit enluminé du Ve siècle).

Le deuxième état décrit par Delaborde est celui où ont été ajoutées les inscriptions « sur la muraille du fond à gauche et sur le piédestal au centre. Le troisième état décrit est postérieur à « tous les travaux repris et sensiblement modifiés, tant dans les figures que dans l’architecture et le paysage ». Parmi ces travaux, Delaborde mentionne « la diminution dans sa largeur de la flamme produite par la torche que tient le jeune berger ». Il ajoute que « les épreuves de la planche ainsi retravaillée portent en bas, vers le milieu, le nom en abrégé de l’éditeur Salamanca: « Ant. Sal. exe ». Plus tard, cette adresse sera effacée dans le quatrième état: « le nom de Salamanca a été gratté, assez négligemment d’ailleurs, pour qu’il ne soit pas impossible d’en entrevoir les lettre ». Enfin, le cinquième état porte l’adresse de « Gio. Batt. de Rossi in piazza Navona in Roma ».

L’examen de la gravure conduit à conclure qu’il s’agit d’un état intermédiaire, non décrit par Delaborde, entre le deuxième et le troisième état: 1) les travaux décrits par Delaborde comme caractéristiques du troisième état sont tous visibles (par exemple, les points sur l’épaule de la femme étendue au premier plan ou encore le boeuf ou le mur à droite) sauf ceux sur la flamme qui reste strictement identique au deuxième état (avant qu’elle ne soit diminuée dans sa largeur); 2) il est impossible de trouver trace de l’adresse de Salamanca, qui ne sera effacée que dans le quatrième état mais en laissant, nous dit Delaborde, la possibilité d’entrevoir les lettres. Notre exemplaire ne montre aucune trace de ces lettres. Il faut donc conclure de ces deux éléments qu’il a été imprimé avant que Salamanca n’y ajoute son adresse et que les travaux sur la flamme ne soient entrepris.

S’agit-il d’une épreuve d’atelier pour vérifier les travaux sur la planche ou la gravure a-t-elle été diffusée après que le cuivre ait été retravaillé mais avant que Salamanca n’y appose son excudit?