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Une collection d'estampes anciennes XVe-XXe siècles

Le Christ discutant avec les docteurs de la loi (petite planche)

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Artiste: Rembrandt van Rijn (Leyde 1606 – 1669 Amsterdam)
Date: 1630
Technique: eau-forte
Dimensions: 8,8 x 6,7 cm

Catalogue raisonné: New Hollstein 53 (Hinterding et Rutgers), état intermédiaire entre iv et v/vii; Bartsch 66

Marque de collection: L.1257e et L.1257d (cabinet des estampes du musée du Land de Hesse, Darmstadt)

Filigrane: fragment

Excellente impression, claire et délicate, d’un état intermédiaire non-décrit (avant les travaux du cinquième état dans l’ombre du personnage assis au premier plan mais avec les deux points en haut à droite).

Le quatrième état est le dernier état de la planche travaillée par Rembrandt. Il s’agirait donc d’une impression posthume, quelques temps après le décès de Rembrandt (ce que signale la marque des deux points), mais avant que la planche ait été retravaillée. Nowell-Ustick décrit cette eau-forte comme « an uncommon work ». La plaque originale existe toujours et elle est conservée à Spiez (Suisse) dans la collection de Bruijn. Rare.

« Cette petite eau-forte illustre la seconde manière de Rembrandt pendant les années 1628-1632, caractérisée par des œuvres de petit format et d’exécution minutieuse. La scène se passe dans un Temple aux proportions monumentales dont la gigantesque colonne fournit l’échelle. Deux petites figures s’évancent à droite, probablement Marie et Joseph à la recherche de leur enfant: ‘C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des maîtres, à les écouter et à les interroger. Tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur l’intelligence de ses réponses’ (Luc II 46-47). Rembrandt a représenté l’Enfant debout mais comme minutiarisé par les imposantes silhouettes des Docteurs. Les études physionomiques que l’artiste faisait à la même époque de lui-même ou de sa famille lui ont permis de doter chacun des sages d’un caractère bien individualisé: pensif ou sévère, sceptique ou docte et pédant »

Sophie de Bussierre dans Musée du Petit Palais, Rembrandt: eaux-fortes, Paris, Éditions Paris Musée, 1986, p. 42

A propos des deux points que l’on trouve sur ce tirage, on peut lire ce que Sarah Sauvin écrit sur son site Internet à propos d’une impression du Portrait de Rembrandt gravant à la fenêtre avec ces mêmes deux points:

E. Hinterding a montré que la variante A-a du filigrane des Sept Provinces est typique des épreuves imprimées sur des cuivres de Rembrandt qui n’avaient pas encore été retouchés et où deux points seulement étaient ajoutés  sur la plaque, en général dans un angle. Ces deux points, repérés pour la première fois par Krzysztof Kruzel, se retrouvent sur un ensemble de vingt-neuf cuivres. Ils ont été apposés peu après la mort de Rembrandt par un propriétaire dont on ignore encore l’identité. Les épreuves tirées sur cet état du cuivre, que E. Hinterding nomme « dotted impressions » (« épreuves portant les deux points »), datent des années 1680-1700.