
Artiste: Domenico Campagnola (Venise c. 1500 – 1564 Padoue)
Date: 1527
Technique: gravure sur bois
Dimensions: 38,6 x 36,3 cm
Catalogue raisonné: Muraro et Rosand (exposition Venise, 1976) 22
Très belle impression de cette très rare et importante gravure, avec de nombreuses restaurations et reprises à l’encre des nombreux manques. Il s’agit de la partie droite d’une très grande gravure sur bois (40,3 x 83,3 cm) de deux planches habituellement imprimée sur deux feuilles jointes (cf. l’exemplaire conservé à la bibliothèque nationale de France). On trouve normalement dans l’angle inférieur droit de la gravure le monogramme « LA » du graveur Lucantonio degli Uberti et, signé au milieu du bas « DOMINI / CVS / CAMPAGNOLA ». Le manque de quelques centimètres sur le bord inférieur a fait disparaître le monogramme de Lucantonio de notre exemplaire.
Fils d’un cordonnier allemand, Domenico fut adopté par Giulio Campagnola, dont il prit le patronyme. Dès l’âge de dix ans, il commença son apprentissage. Suivant l’exemple de son père adoptif, il s’exerça à la peinture, au dessin, à la gravure sur cuivre et sur bois. Après la mort de Giulio, il s’imposa comme le plus célèbre graveur de Venise. Il fut comme lui précoce et son activité de graveur en taille-douce ne l’occupa, semble-t-il, que durant deux années – en 1517 et 1518 –, dates qui apparaissent sur ses gravures. Installé ensuite à Padoue, vers 1520, il y demeura toute sa vie, se consacrant à la peinture et jouissant d’une renommée qui lui valut de nombreuses commandes.
Son œuvre gravé comprend treize burins. (…) Il se rendit célèbre également par ses dessins et ses bois gravés de paysages, genre nouveau lancé par Titien et développé par Domenico, qui y trouva un moyen d’expression correspondant à son graphisme vigoureux et synthétique. À ses premiers bois, vers 1517, aux thèmes religieux et où les personnages occupent l’espace, succèdent vers 1530-1540 des paysages où les personnages jouent un rôle secondaire. Domenico a un rôle déterminant dans le développement de ce genre très prisé par les amateurs, bien que Titien reste l’inspirateur de ce mouvement. Domenico concevait des dessins destinés à être gravés sur bois par un artisan ; cependant, certaines gravures offrent une telle unité de conception et d’exécution qu’il est probable qu’elles ont été gravées par l’artiste lui-même ou que la collaboration entre le dessinateur et le graveur a été très étroite.
Vers 1540, Domenico abandonne la xylographie pour se consacrer à la peinture et au dessin à la plume à caractère décoratif, genre qu’il privilégia jusqu’à sa mort.
Gisèle Lambert, « Venise, Vicence, Padoue : Domenico Campagnola » dans Les premières gravures italiennes : Quattrocento-début du cinquecento. Inventaire de la collection du département des Estampes et de la Photographie [en ligne]. Paris : Éditions de la Bibliothèque nationale de France, 1999. Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/editionsbnf/1372>.