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Une collection d'estampes anciennes XVe-XXe siècles

Le Combat des dieux marins (partie droite)

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Artiste: Andrea Mantegna (Isola di Carturo, près de Vicence, vers 1431 – Mantoue, 1506)
Date: 1470-85
Technique: burin
Dimensions: 25 x 35,2 cm

Catalogue raisonné: Martineau 79

Deux tritons ayant chacun une néréide en croupe se battent. L’un est armé d’un os, l’autre se sert d’un crâne d’animal comme bouclier. À l’arrière-plan, un triton, en pied, sonne du cor et pare le coup que va lui porter un ennemi armé de poissons.

Entre ces deux couples, n’y a-t-il pas une génération qui les sépare? La jeunesse du triton et de la néréide de gauche semblent venir contester et remplacer l’ordre établi et tenu jusqu’à lors par ce triton encore fortement bâti mais déjà vieilli dans les traits, comme l’est sa compagne. J’y verrais donc volontier un scène où un ordre s’éteint et un nouveau débute, au son victorieux du cor.

Très belle impression de cette gravure d’une extrême rareté, l’un des chefs-oeuvres graphiques de Mantegna, tant admiré par Dürer qui exécuta d’après cette gravure un dessin à la plume et à l’encre daté de 1494.

Mantegna seems to have taken so few impressions from his prints that even in 1494 Albrecht Dürer could not get one for himself and had to draw a copy. Some elements of Dürer’s drawings of this work were used by Hans Sebald Beham for a wallpaper frieze, which in turn acted was source for an ornamental panel by Master C.G. in 1537, an example of the manner in which designs could be transmitted across media.

V&A

Imprimée sur un papier vergé non filigrané, la plaque fut regravée au XVIe. Cependant, à la différences d’autres gravures par Mantegna et ses collaborateurs, les plaques gauche et droite du Combat des dieux marins n’ont pas voyagé en France pour y être imprimées.

Notre impression est identique à celle de la Bibliothèque nationale dont le filigrane est proche de Briquet 13900, soit un papier italien de la première moitié du XVIe siècle.

Pour une impression comparable des deux plaques droite et gauche, on pourra se reporter à l’exemplaire conservé au Victoria & Albert Museum.

This print, almost one metre wide, is by far the largest and most ambitious produced by the 1470s, and an apt response to Pollaiuolo’s Battle of Nude Men.

David Landau, in Martineau (dir.), Andrea Mantegna, Londres et New York, Olivetti et Electa, 1992, p. 287.